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Noailhac


Vocable :Saint-Pierre
Epoque : Romane pour le choeur et l'abside, ogivale par sa nef

Historique :L’église était jadis contiguë au château du lieu. De celui-ci il ne reste qu’un pan de mur, prolongeant la nef et abritant le portail de l’église. La tour en échauguette qui le surmonte donne une allure singulière, martiale, à l’édifice qu’on aperçoit de la route de Collonges. L’histoire de l’église est donc solidaire de celle du château, dont les premiers occupants furent les Astorg, au XIIe siècle. Une branche des Noailles acquit la seigneurie à la fin du XIIIe siècle, à la faveur du mariage de Douce d’Astorg à Hélie de Noailles. Un Jean de Noailles élit sépulture dans l’église en 1425, et on retrouve les armes de la famille (de gueules à la bande d’or) peintes sur les stalles du chœur. On sait que le château souffrit, pendant les guerres de religion, d’une incursion menée par le vicomte de Turenne (1575). L’église elle-même fut fortifiée par une galerie défensive devant faire le tour du chevet. Il en reste quelques vestiges, sous la forme d’un encorbellement soutenu par les modillons de l’église romane.
Trois époques se lisent distinctement dans le plan de l’édifice. Le chœur et l’abside sont d’époque romane. La nef et le mur du château appartiennent au style ogival, tandis que la paroi fermant l’édifice au nord est une reconstruction du XXe siècle, qui fit disparaître les autres vestiges du logis castral.

Descriptif :On entre par le « château », par un portail aux voussures moulurées de tores, retombant sur des colonnettes à bases prismatiques. Une niche ménagée dans la façade recueille une Vierge de Pitié, provenant d’un ensemble sculpté. Le morceau fut peut-être rapporté de la croix du bas du village, qui présente un fût prismatique, sculpté aux angles de personnages en prière, sous un croisillon rajouté.
Nous pénétrons au fond de la nef, dans une travée plafonnée aménagée par les récentes réfections. Le vaisseau proprement dit compte trois travées sous croisées d’ogives, retombant sur des colonnettes en faisceaux. La dernière travée abrite deux chapelles très étroites, donnant à l’édifice une forme de croix. Les nervures des voûtes sont identiques dans la nef et dans les chapelles, indiquant une construction contemporaine. En somme, la nef fut entièrement refaite autour du XVe siècle.
Le style roman est en revanche très bien préservé dans le sanctuaire. Une travée droite, suivie d’une abside en hémicycle, terminent l’édifice. Deux arcs à double rouleau, au cintre brisé, marquent l’entrée du chœur et de l’abside. Leurs colonnes engagées portent des chapiteaux sculptés, et ont leurs bases moulurées de deux tores séparés d’un scotie. Le décor sculpté est abondant, ainsi sur les colonnes des arcatures qui recouvrent les parois. Des baies sont aménagées sous les arcades, de façon systématique dans le chœur alors que deux ouvertures éclairent l’abside. La baie axiale est conforme au type de la fenêtre limousine, encadrée de colonnettes à chapiteaux sans tailloir supportant un tore. Tous les murs sont peints, décorés d’un motif floral répété. Des peintures religieuses ornent les arcades aveugles de l’abside.
Signalons encore la cuve baptismale, d'époque romane, qui reçoit un décor sculpté. Le cylindre évasé, d’un mètre de diamètre, est divisé en deux registres : une arcature formant frise occupe le registre supérieur, au-dessus d’un motif de damier. Les arcs sont surbaissés, imitant en cela le cintre des arcatures du sanctuaire.
Si l’on passe à l’extérieur, on remarque que le chevet n’a pas la même forme que l’abside, et devient pentagonal ; les angles, en donnant plus d’épaisseur aux murs, forment contreforts. Un clocher-tour carré est élevé au-dessus de la travée du chœur. Si la base, sur laquelle appuient des contreforts latéraux, est d’origine, le clocher en lui-même ne présente aucun caractère roman. Les modillons qui supportent l’encorbellement du haut du chevet sont sculptés de têtes coupées : visages humains, tête d’ours, et un chien rongeant un os, au-dessus de l’emplacement probable de l’ancien cimetière. On remarque, enfin, de nombreuses marques de tâcherons sur les pierres ocre et rouges des murs romans (delta, T, S inversé).

Sculpture :En partant de l’arc doubleau du chœur et en gardant le mur sur sa gauche.
1- homme accroupi entre deux lions, les tenant par la mâchoire
2- bêtes affrontées (chiens ?), s’entredévorant
3- le péché originel : en lisant la scène de gauche à droite, Adam et Eve, entièrement nus, s’apprêtent à commettre la faute. Adam porte une main à son menton (marque d’indécision ?), et saisit de l’autre le fruit que lui tend Eve. Celle-ci prend un autre fruit que tient le serpent dans sa gueule. Les acteurs sont rattachés les uns aux autres, organisant la parfaite continuité de la scène. Le reptile s’enroule autour de l’arbre de la connaissance, d’où émerge, au-dessus du feuillage, une tête à la chevelure hérissée en forme de flammes : représentation de Satan, nature véritable du tentateur. Un dernier personnage est figuré à l’angle opposé de la corbeille. Auréolée d’un nimbe crucifère, sa tête est tournée vers le spectateur, et il semble montrer de ses mains l’événement qui se déroule, comme s’il nous invitait à ne pas suivre l’exemple des premiers hommes ; il s’agit plus probablement de la représentation de Dieu chassant Adam et Eve du paradis, après qu’ils eurent succombé à la tentation.
4- décor végétal
5- deux sirènes se donnant l’accolade
6- chapiteau de la baie axiale, personnage appuyé sur des béquilles
7- deux acrobates ou danseurs, bras-dessus bras-dessous, à cloche-pied
8- trois atlantes accoudés, mains posées sur les genoux
9- masques de lions aux angles supérieurs, crachant des rinceaux terminés en demi-palmettes
10- atlantes
11- décor végétal (palmettes)
Les thèmes du décor sculpté sont communs à d’autres églises du Bas-Limousin (Saint-Robert, Noailles, Brignac, Lissac, etc.), à l’exception de la Tentation d’Adam et Eve qui n’est pas représentée ailleurs. Le sculpteur disposait d’une technique assez fruste, et ses personnages souvent gauches sont peu saillants, proches du bas-relief. Malgré tout il est parvenu à inscrire dans la pierre des scènes identifiables et représentatives de la variété du décor roman.

Sources :-Poulbrière, Dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle (T.2,p.318-325)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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