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Saillac


Vocable :Saint Jean-Baptiste
Epoque :12e siècle

Historique :L’église saint Jean-Baptiste de Saillac a conservé pour l’essentiel son caractère roman, malgré quelques adjonctions tardives. La paroisse est connue en 930, mais c’est plus tard que vint s’y installer un prieuré féminin, dépendant de l’abbaye de la Règle à Limoges. L’arrivée des moniales, dont la présence est attestée en 1163, fut sans doute à l’origine de l’érection de l’église actuelle. Le prieuré fut uni à l’abbaye mère en 1747, en même temps que celui de Brignac.

Descriptif :L’église est remarquable à plusieurs points de vue, et constitue l’un des édifices les plus intéressants de la région. Deux clochers-tours en défendent l’accès, aux extrémités est et ouest, donnant une allure martiale au bâtiment. La tour la plus haute est élevée au-dessus de la coupole du chœur; une baie romane à double rouleau est ouverte sur trois côtés. L’autre clocher occupe la façade ouest, par où on entre dans l’église.
Le porche est un des éléments intéressants de l'église. Il est formé d’une voûte en berceau retombant sur des parois latérales rythmées d’arcatures. Deux petites arcades, de chaque côté, s’appuient sur des chapiteaux portant tailloirs à double cavet. Certaines corbeilles portent encore un décor sculpté, pas toujours lisible : motif végétal à volutes d’angle, masque crachant les tiges d’un feuillage perlé. On retrouve ce dernier motif sur un des chapiteaux de l’ébrasement du portail. Trois voussures en retrait logent tores et colonnettes, à la manière limousine, avec des chapiteaux sans tailloir. Les autres corbeilles sont nues.
La particularité du portail de Saillac est son tympan sculpté, hélas enlaidi par une polychromie criarde. De sobres piédroits, à colonnes engagées, assurent une fonction de soutien, de même que l’étonnant trumeau qu’on dit rapporté d’une église plus méridionale . Le tympan est sculpté sur deux registres, la scène principale prenant place sous l’arcade du portail. Il s’agit d’une Adoration des Mages. Au-dessous du tympan, et séparé par un bandeau, le linteau reçoit également un décor sculpté. La faune démoniaque qui y règne n’est pas sans rappeler celle du tympan de Beaulieu, qui y occupe là aussi les registres inférieurs. A Saillac, un dragon à visage humain personnifie le démon, vaincu par un ange qui le maîtrise par une corde et enfonce une lance dans la gueule de l’animal. Nous reconnaissons le thème de Saint Michel terrassant le dragon. Ce dernier, comme à Beaulieu, a face humaine et développe sa queue en circonvolutions. La moitié gauche du linteau est issue d’une réfection, après un probable effondrement qui a pu faire voir la nécessité d’un trumeau. On ne sait donc d’où vient le quadrupède ailé qui avale un enfant dont les jambes dépassent. D’inspiration romane, ce pourrait être une œuvre récente, comme la jambe qu’on a accolé à saint Michel pour le compléter. La sculpture qui prenait place à l’origine aux côté de l’archange a été déposée au pied du portail, et creusée pour devenir un bénitier. On y reconnaît un homme accrochant la nageoire d’un monstre marin qui le dévore.
Le linteau est désormais soutenu par un trumeau qui peut venir d’ailleurs, et qui n’est pas sans intérêt. Les tores qui s’enroulent autour du pilier sont crachés par quatre têtes de lions situées aux angles supérieurs, et avalés à la base par de semblables animaux représentés en entier, mais abîmés. Entre les tores les gorges sont sculptées, alternativement, d’un motif de feuillage perlé et d’une scène de chasse. Celle-ci, représentée deux fois sur les diverses faces du trumeau, se lit de bas en haut. A la base un personnage sonne du cor, prévenant de la découverte du gibier. Des chiens, lancés à sa suite, poussent, ici le lièvre, là le cerf, dans les filets du chasseur posté au sommet du trumeau. Cette scène pittoresque nous introduit dans le domaine profane d’une activité jadis réservée aux seigneurs.
En entrant dans la nef, à gauche, une cuve baptismale en grès rouge est moulurée de baguettes verticales découpant des compartiments nus. Elle nous vient de l’époque romane, comme la nef elle-même et ses deux travées voûtées en berceau peu brisé. L’appareillage apparent des voûtes et l’alternance des ocres et des gris de la pierre donne belle allure au vaisseau. L’arc doubleau est à double rouleau sur colonnes à dosserets, les chapiteaux étant simplement épannelés. Deux chapelles récentes s’ouvrent de part et d’autre de la seconde travée, sous des arcs en plein cintre.
Un arc diaphragme sépare la nef du chœur, légèrement plus étroit. L’arc à double rouleau est de même facture que le précédent, mais les chapiteaux sont ici pourvus d’un décor. Ce sont les quatre symboles des évangélistes qui sont représentés dans la pierre. Les bases des colonnes sont également sculptées, mais sont prises dans le parquet depuis sa réfection. Nous entrons dans le chœur, couvert d’une coupole sur pendentifs plans, formant une base octogonale. Les murs latéraux sont aveugles, comme le mur du fond depuis que l’entrée de l’abside a été occultée. On accédait à celle-ci sous un arc à double rouleau, colonnes et chapiteaux sculptés n’étant plus visibles que par moitiés.

Sculpture :-Tympan : Adoration des Mages. Les trois mages couronnés se suivent pour présenter leurs offrandes à l’enfant Jésus, assis sur le genou droit de Marie. Les prince païens occupent la partie gauche du panneau. Deux sont barbus, tous portent une longue chevelure et un vêtement drapé. Ils avancent d’un mouvement stéréotypé vers l’Enfant qui tend les bras pour recevoir leurs présents. Les trois chevaux aux pattes minuscules, situés dans l’angle inférieur du panneau, rappellent que les rois ont fait un long voyage. Marie est assise de face, les genoux légèrement écartés. Elle tient le corps de son enfant entre ses mains et tourne la tête vers les visiteurs. Son port n’a donc rien de hiératique, elle n’est pas en Majesté. Un dernier personnage assiste à la scène. Nimbé et pieds nus, il doit se contorsionner pour loger son corps sous la voussure. Le peu d’espace qu’on lui a laissé l’a obligé à replier son aile devant son corps ; c’est pourquoi on ne reconnaît pas au premier coup sa nature angélique.
-Linteau : saint Michel terrassant le dragon; bête ailée avalant un enfant (origine douteuse); homme dévoré par un monstre marin (actuel bénitier)
-Trumeau : scène de chasse
-Choeur : Tétramorphe (2 chapiteaux). Le lion et l’ange, côté nord, figurent Marc et Matthieu, tandis que Luc et Jean apparaissent côté sud sous la forme d’un bœuf et d’un aigle. Comme il se doit, les animaux symboliques sont ailés et tiennent un livre des Evangiles. La robe de l’ange et les ailes sont finement ciselés. Par leur style et leur pierre calcaire blanche ces chapiteaux s’apparentent à ceux du chœur de Malemort.

Sources :-Poulbrière, Dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle (T.2,p.455-457)
-M.M. Macary, Saillac (Zodiaque)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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